| Poèmes et textes Connus : Poème Ch'ti : L'ju d'jav'lot |
| Posté par citoyenfeb le 30/8/2008 17:37:59 (1680 lectures) |
 L’JU D’JAV’LOT
Chacun s’divertit à s’manière : Aux cart’s, à l’pêque aux asticots, Au tir à l’arc, à l’chasse au lièvre, Ou même à planter d’z’haricots. J’pourraus in dir’ d’méli-mélo, J’veux pas passer pour inn’tapette : Je n’parl’rai don q’dé ju d’valelot, Q’tout Attageoés devraut connaître Et pratiquer à l’occasion : Ch’est in sport q’tout l’mond’ peut s’permettre Sans ternir es’ réputation. Je n’débin’ pas l’fameux trons d’abe Dont in s’ sert au païs d’Barlin ; Mais j’treuv’ moins dur et pus con’nabe El berceau d’paille ed’ nou patelin.
A l’ducass’ d’Arras, qué gal’rie ! Qué peupl’ pour vir chés jav’loteux ! In-y aqueurt, pir’ qu’à inn’ lot’rie ; Mais, chut ! Attintion ! V’là ch’pointeux ! Comm’ tout chef, i’ draut montrer l’route, Par in doublé, à tout ch’p’loton ; S’i’ fait in zéro, ch’est l’déroute : Ses homm’s n’treut’nt seul’mint pas ch’carton, Et jut’ny alors comm’ des chavattes, Ed’ pus l’deuxièm’ jusqu'à ch’ dernier , J’tant leus jac’lots comm’ des gins mates Un dins l’cave et l’eut’ dins ch’guernier.
Après chinq, six tours ed’ la sorte, Nous concoureux, tout dénortés, Treuvant l’dévein’ vraimint trop forte Lâch’tent tout et r’gagen’nt leus sociétés.
Là, pou s’consoler dé l’défaite, Chacun à sin tour paie un pot, Puis, se r’met à juer comm’ à l’fête, N’arrêtant pas d’casser du bos, Que l’mastroquet, in homm’ pratique, Mettra dins l’coin dé s’ boutique, Pour alleumer l’poèle in momint.
Pour certains jueux, l’passion est telle, Qu’i lanc’nt el’ jav’lot jusqu’au soir, Piquant m^me’ dins l’paille inn candelle, Quand i fait vraimint par trop noir.
Mais, là, l’pus cocass’, ch’est l’manière D’vir lancer l’zottiaux dins l’berceau ; Voïez : L’un s’plaut tout in arrière ; Ravisez : L’eut’ fait in grand saut ; Ch’ti-chi bertonn’ comme inn’ vieill’ femme ; Ch’ti-là ferme in œil complét’mint. N’riez pas : I voét l’bagu’ tout d’même, Et aux eut’s montr’ souvint l’quemin.
Y-a des jueux qui font d’z’étincelles In buquant leus jav’lots su l’grès ; D’eut’s légers comme ed’ z’hirondelles, Les jett’nt et sitôt queur’nt après.
A ch’ t’heur’, permettez-mi d’vous dire De n’croire ed’ tout chau que l’mitan. Jamais, j’n’auraus voulu médire D’in ju q’ mi-mêm’ j’apprécie tant.
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| Poèmes et textes Connus : souvenir |
| Posté par citoyenfeb le 30/8/2008 17:15:25 (1309 lectures) |
 Un vieux sage chinois se promenait dans la campagne enneigée quand il aperçut une femme en larmes.
« Pourquoi pleures-tu ? Lui demanda-t-il.
- Parce que je me souviens du passé, de ma jeunesse, de la beauté que me renvoyait le miroir, des hommes que j’ai aimés. Dieu a eu la cruauté de me donner la mémoire. Il savait que je me rappellerais le printemps de ma vie et que je pleurerais. » Le sage contempla la campagne enneigée, le regard fixé sur un point déterminé. A un moment, la femme cessa de se lamenter : « Que regardez-vous là-bas ? demanda-t-elle. - Un champ de roses, répondit le sage. Dieu a été généreux avec moi en me donnant la mémoire . Il savait qu’en hiver je pourrais toujours me rappeler le printemps et sourire. »
Extrait de Maktub de Paulo Coelho
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| Poèmes et textes Connus : La retraite |
| Posté par Poesie Citations le 16/7/2008 23:04:31 (804 lectures) |
 La retraite
Aux bords de ton lac enchanté, Loin des sots préjugés que l'erreur déifie, Couvert du bouclier de ta philosophie, Le temps n'emporte rien de ta félicité ; Ton matin fut brillant ; et ma jeunesse envie L'azur calme et serein du beau soir de ta vie !
Ce qu'on appelle nos beaux jours N'est qu'un éclair brillant dans une nuit d'orage, Et rien, excepté nos amours, N'y mérite un regret du sage ; Mais, que dis-je ? on aime à tout âge : Ce feu durable et doux, dans l'âme renfermé, Donne plus de chaleur en jetant moins de flamme ; C'est le souffle divin dont tout l'homme est formé, Il ne s'éteint qu'avec son âme.
Etendre son esprit, resserrer ses désirs, C'est là ce grand secret ignoré du vulgaire : Tu le connais, ami ; cet heureux coin de terre Renferme tes amours, tes goûts et tes plaisirs ; Tes voeux ne passent point ton champêtre domaine, Mais ton esprit plus vaste étend son horizon, Et, du monde embrassant la scène, Le flambeau de l'étude éclaire ta raison.
Tu vois qu'aux bords du Tibre, et du Nil et du Gange, En tous lieux, en tous temps, sous des masques divers, L'homme partout est l'homme, et qu'en cet univers, Dans un ordre éternel tout passe et rien ne change ; Tu vois les nations s'éclipser tour à tour Comme les astres dans l'espace, De mains en mains le sceptre passe, Chaque peuple a son siècle, et chaque homme a son jour ; Sujets à cette loi suprême, Empire, gloire, liberté, Tout est par le temps emporté, Le temps emporta les dieux même De la crédule antiquité, Et ce que des mortels dans leur orgueil extrême Osaient nommer la vérité.
Au milieu de ce grand nuage, Réponds-moi : que fera le sage Toujours entre le doute et l'erreur combattu ? Content du peu de jours qu'il saisit au passage, Il se hâte d'en faire usage Pour le bonheur et la vertu.
J'ai vu ce sage heureux ; dans ses belles demeures J'ai goûté l'hospitalité, A l'ombre du jardin que ses mains ont planté, Aux doux sons de sa lyre il endormait les heures En chantant sa félicité. Soyez touché, grand Dieu, de sa reconnaissance. Il ne vous lasse point d'un inutile voeu ; Gardez-lui seulement sa rustique opulence, Donnez tout à celui qui vous demande peu. Des doux objets de sa tendresse Qu'à son riant foyer toujours environné, Sa femme et ses enfants couronnent sa vieillesse, Comme de ses fruits mûrs un arbre est couronné. Que sous l'or des épis ses collines jaunissent ; Qu'au pied de son rocher son lac soit toujours pur ; Que de ses beaux jasmins les ombres s'épaississent ; Que son soleil soit doux, que son ciel soit d'azur, Et que pour l'étranger toujours ses vins mûrissent.
Pour moi, loin de ce port de la félicité, Hélas ! par la jeunesse et l'espoir emporté, Je vais tenter encore et les flots et l'orage ; Mais, ballotté par l'onde et fatigué du vent, Au pied de ton rocher sauvage, Ami, je reviendrai souvent Rattacher, vers le soir, ma barque à ton rivage. |
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| Poèmes et textes Connus : La vie est un songe |
| Posté par Poesie Citations le 13/7/2008 21:33:08 (2311 lectures) |
 La vie est un songe
Tout n'est plein ici bas que de vaine apparence, Ce qu'on donne à sagesse est conduit par le sort, L'on monte et l'on descend avec pareil effort, Sans jamais rencontrer l'état de consistance.
Que veiller et dormir ont peu de différence, Grand maître en l'art d'aimer, tu te trompes bien fort En nommant le sommeil l'image de la mort, La vie et le sommeil ont plus de ressemblance.
Comme on rêve en son lit, rêver en la maison, Espérer sans succès, et craindre sans raison, Passer et repasser d'une à une autre envie,
Travailler avec peine et travailler sans fruit, Le dirai-je, mortels, qu'est-ce que cette vie ? C'est un songe qui dure un peu plus qu'une nuit. |
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| Poèmes et textes Connus : Pour faire le portrait d'un oiseau. (Prévert Jacques) |
| Posté par PtitSouris le 3/3/2008 9:22:47 (5763 lectures) |
 (Extrait de poésie (Paroles) Jacques Prévert)
Pour faire le portrait d'un oiseau
Peindre d'abord une cage avec une porte ouverte peindre ensuite quelque chose de joli quelque chose de simple quelque chose de beau quelque chose d'utile pour l'oiseau placer ensuite la toile contre un arbre dans un jardin dans un bois ou dans une forêt se cacher derrière l'arbre sans rien dire sans bouger ... Parfois l'oiseau arrive vite mais il peut aussi bien mettre de longues années avant de se décider Ne pas se décourager attendre attendre s'il le faut pendant des années la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau n'ayant aucun rapport avec la réussite du tableau Quand l'oiseau arrive s'il arrive observer le plus profond silence attendre que l'oiseau entre dans la cage et quand il est entré fermer doucement la porte avec le pinceau puis effacer un à un tous les barreaux en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau Faire ensuite le portrait de l'arbre en choisissant la plus belle de ses branches pour l'oiseau peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent la poussière du soleil et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter Si l'oiseau ne chante pas c'est mauvais signe signe que le tableau est mauvais mais s'il chante c'est bon signe signe que vous pouvez signer Alors vous arrachez tout doucement une des plumes de l'oiseau et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.
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