| Poèmes et textes Connus : Nuit de neige : Guy de MAUPASSANT |
| Posté par PtitSouris le 1/3/2008 14:17:29 (959 lectures) |
 Nuit de neige
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix. Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte. Mais on entend parfois, comme une morne plainte, Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.
Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes. L'hiver s'est abattu sur toute floraison ; Des arbres dépouillés dressent à l'horizon Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter. On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère. De son morne regard elle parcourt la terre, Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde, Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ; Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement, Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux ! Un vent glacé frissonne et court par les allées ; Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux, Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ; De leur oeil inquiet ils regardent la neige, Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.
Auteur : Guy de MAUPASSANT
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| Poèmes et textes Connus : Ma France : Jean FERRAT |
| Posté par PtitSouris le 1/3/2008 14:10:33 (511 lectures) |
 FERRAT Jean : Ma France De plaines en forêts de vallons en collines Du printemps qui va naître à tes mortes saisons De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson Ma France
Au grand soleil d'été qui courbe la Provence Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche Quelque chose dans l'air a cette transparence Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche Ma France
Cet air de liberté au-delà des frontières Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige Elle répond toujours du nom de Robespierre Ma France
Celle du vieil Hugo tonnant de son exil Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines Celle qui construisit de ses mains vos usines Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille Ma France
Picasso tient le monde au bout de sa palette Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes De dire qu'il est temps que le malheur succombe Ma France
Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs En remplissant l'histoire et ses fosses communes Que je chante à jamais celle des travailleurs Ma France
Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain Ma France
Qu'elle monte des mines descende des collines Celle qui chante en moi la belle la rebelle Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines Celle de trente-six à soixante-huit chandelles Ma France
JEAN FERRAT Paroles et Musique: Jean Ferrat 1969 "Jean Ferrat - Vol.1 (1999)"
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| Poèmes et textes Connus : Emulation de Chris Cleverman |
| Posté par kenzy le 13/2/2008 17:14:02 (494 lectures) |
 Emulation
Toi qui es-tu au juste, qui es-tu au fond ? Ta pureté, ta sagesse, ta noblesse, tout ton toi Semble être quelque chose de divin Mais qui es-tu au fond ?
Tu es pour un jour ce qu’est l ’aurore Pour un oiseau ce que sont ses ailes Pour une vie ce qu’est l’amour, Pour l’amour ce que tu es
Tu es pour l’homme ce qu’est le paradis Ou pour un instant un petit coin de paradis, Tu es pour un moment ce qu’est la vie, Pour la vie ce que tu es.
Qui es-tu au fond ? Tu es l ’oasis qui abreuve mon cœur, Tu es le parfum qui enivre mon âme Et tu n’es que toi mais tout pour moi
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| Poèmes et textes Connus : Tu seras un homme, mon fils. |
| Posté par Poesie Citations le 13/2/2008 1:25:18 (2850 lectures) |
 Tu seras un homme, mon fils
Tu seras un homme, mon fils. Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie Et, sans dire un seul mot te remettre à bâtir Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir.
Si tu peux être amant sans être fou d'amour, Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre, et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre.
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter les sôts, Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d'un mot.
Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frères Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi.
Si tu sais méditer, observer et connaître, Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître Penser, sans n'être qu'un penseur.
Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu peux être bon, si tu sais être sage, Sans être moral ni pédant.
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite Et recevoir ces deux menteurs d'un même front. Si tu peux conserver ton courage et ta tête, Quand tous les autres la perdront.
Alors, les rois, les dieux, la chance et la victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis, Et, ce qui vaut mieux que les rois et la gloire,
Tu seras un homme, mon fils.
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| Poèmes et textes Connus : A un passant |
| Posté par Poesie Citations le 13/2/2008 1:24:16 (337 lectures) |
 A un passant
Mon cher enfant que j'ai vu dans ma vie errante, Mon cher enfant, que, mon Dieu, tu me recueillis, Moi-même pauvre ainsi que toi, purs comme lys, Mon cher enfant que j'ai vu dans ma vie errante !
Et beau comme notre âme pure et transparente, Mon cher enfant, grande vertu de moi, la rente,
De mon effort de charité, nous, fleurs de lys ! On te dit mort... Mort ou vivant, sois ma mémoire !
Et qu'on ne hurle donc plus que c'est de la gloire Que je m'occupe, fou qu'il fallut et qu'il faut... Petit ! mort ou vivant, qui fis vibrer mes fibres,
Quoi qu'en aient dit et dit tels imbéciles noirs Compagnon qui ressuscitas les saints espoirs, Va donc, vivant ou mort, dans les espaces libres !
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