
La musique ne me fait plus danser,
La chanson ne me fait plus vibrer,
La poésie ne me fait plus écrire,
La vie me fait vieillir.
Mort, mon esprit est mort ;
Plus de joies, ni de remords ;
Je me laisse glisser vers l’autre rive,
Comme le bois mort à la dérive.
Cette douce mélancolie,
Qui longtemps réchauffa ma vie :
Le radiateur est devenu froid,
La chaudière n’a plus de bois.
Mon âme en lambeaux se déchire
Comme une vieille fripe, sans mentir ;
Et ça fait mal, et même bien pire :
Comme une douleur qu’on ne pourrait sentir.
Combien d’années sans jamais pleurer,
Plus devant un film que ma vie menée ;
Les yeux secs, pas de larme trouillarde :
C’est ainsi lorsqu’on aime la Camarde.
Comme dans le Temps Perdu d’un an déjà :
Toujours je suis là et toujours je suis las ;
Usé de tourner en rond autour de l’ennui,
Rongé de voir se succéder les jours, les nuits.