
Arrivé au bord du pont, j’hésite, me pose des questions. A la manière d’Hamlet, j’aspire à la réponse. Le choix difficile ne me laissant comme alternative qu’une vie mélancolique, morbide, basé sur le passé ou une mort rapide, sans dégâts…
Devant ce vide, j’essaye de me dissuader, trouvant des excuses plus stupides les unes que les autres. Je prie la venue d’un bon samaritain, prêt à m’aider à choisir, à me fixer. Mais ce n’est qu’une prière envoyée à un inconnu qui, selon quelques bons adeptes, me punis de ma non croyance.
Ma tête tournante de vertige, je me sens m’évader et me repasse, en avance, ma vie. Maintenant me voilà espérant un miracle, espérant l’événement qui me rendra obligé de me désister et de revenir dans ce soi-disant chemin, censé être le bon.
Je devine des larmes couler le long de mon visage, vide de joie. Elles tombent sur ma dernière demeure et se mêlent à toutes les autres remplissant le fleuve. Au final je ne serais qu’un jeune de plus, un simple con cherchant la facilité, trouvant la lâcheté de s’enfuir.
Je me vois avancer mon pied, puis le reposer sur mon probable dernier perchoir. Ultime réflexion… ma vie se termine… J’ai tout passé en revu, me voilà prêt… Mais à quoi ? Revenir en arrière ? Avancer et me laissé tombé dans la ruine ?
Le choix semble être fait, le courage sera de mise… Mon pied de nouveau suspendu, il se pose vers le sol…
Je me vois assommé par ma lâcheté. Je sens coulé mon corps fracturé par l’impact. Je me noie en étant déjà mort, en ne regrettant que le faite de ne pas t’avoir dis…