
J'entre dans ce coin de la bibliothèque qui sent la galère
Et je la vois assise à son pupitre
Les murs, aussi gris qu'avant
Me reconnaissent
Et commencent à exhaler leurs odeurs
Ça sent l'indicible souffrance
Pourtant, les mots coulent à flots dans ces lieux fétides à force de mensonges, d'entourloupes, de condescendance et de lâcheté
Elle, toujours assise à son pupitre
Lève les yeux vers moi
Et soudain, j'ai pitié de moi
Oui, j'ai pitié de moi
Je la revois, incapable de sortir
Et croyant voir le chaud dans tes yeux
Se fier à toi
Elle me regarde gravement et me dit:
Que n'ai-je compris à temps pour éviter au monde la tourmente ?
Que n'ai-je su dire non, à temps ?
Je l'observe ne sachant que dire
Moi, je la revois cherchant les issues
Dans un labyrinthe où elle était perdue
Bien sûr, quelqu'un était là
Il rôdait
Il s'incrustait dans les interstices de tout
Il prévoyait tout
Bien sûr qu'il était fou
Bien sûr qu'il l'attendait
Sans rendez-vous
Bien sûr que le jeu était facile
Bien sûr qu'il était beau
Mais il avait tous les airs du faux
Il était sans règles aussi
Qu'elle me dit
Les règles, il y en avait
C'étaient les tiennes
Des règles aux couleurs indiscernables
Des règles qui ressemblent aux sentences
Si l'amour était écrit
Il a été perverti
Il a perdu son allure de fruit gorgé de lumière
Il est devenu aussi pauvre qu'un cœur en pierre
Rimaya