
Un voile gris a recouvert le ciel
D'un pôle à son opposé,
Un voile gris que deux soleils
Ne parviendraient à éventrer,
Un voile gris que vos deux oreilles
En votre crâne iraient se réfugier.
Il pleure, ce ciel tout de gris voilé,
Vers cette terre qu'il ne peut toucher
Et ses larmes si mal considérées
Sont lettres d'amour pour son aimée.
Un voile gris a recouvert les rues
En tâches telle la fourrure du léopard,
Un voile gris à la répartition un peu drue
Qui chaotiquement se sépare,
Un voile gris qui prestement se rue
Vers partout et nulle part.
S'il donne l'impression d'en lui
Laisser couler ces perles tombantes,
C'est qu'il est composé, à Nantes
Comme à Java, de parapluies.
Un voile gris a recouvert les hommes,
Leurs yeux, leurs cœurs, leurs âmes,
Un voile gris hérité une pomme
Présentée à la curiosité d'une dame,
Un voile gris qui virusse vos mômes
Et pour lequel je vous blâme.
Et si jusqu'aux os vous avez
L'impression d'être détrempé,
N'allez pas votre parapluie contrôler :
C'est votre cœur qui s'est mis à pleurer.
© An Braz