
Un nouveau jour se termine, je me sens lassé.
Dix-neuf mai deux mille quatre, tôt dans la nuit,
Les grillons chantent leurs mélodies, le vent aussi.
Et moi ? Et moi je suis un retraité. Un retraité.
Je suis un retraité.
Mon corps réclame le repos, mon esprit aussi.
Le repos. Le repos face à se monde, face à ces gens.
Un peu plus de légèreté pour un envol, un sentiment.
Surtout, moins de cette fatigue, cette asphyxie.
Je suis un retraité.
S’allonger sur une chaise longue doucement, serein,
Et goûter à la lumière des étoiles, aux caressent du vent,
A ces émotions profondément oubliées de notre vie d’enfant,
Ces souvenirs d’innocence, testament d’un passé trop ancien.
Je suis un retraité.
Revoir sa vie passer, ses joies, ses regrets, ses sentiments.
Je sens remuer en moi toutes ces émotions, ces désirs.
Choisir définitivement sa dernière volonté, choisir
Celle qui nous fera refuser les autres tristement.
Je suis un retraité.
Il n’est pas nécessaire de vivre toute la vie, toute sa vie,
Pour en être lassé : la comprendre est bien pire tourment.
Tu viendras me chercher, n’attends pas trop longtemps.
Je suis un retraité dans mon corps, dans mon esprit.
J'attends venir la mort.
© An Braz